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Les risques du catastrophisme climatique (1) 10/12/2009

Posted by Team API in Analyses & Débats.
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A l’occasion du sommet de l’ONU sur le changement climatique qui se déroule en ce moment même au Danemark, nous inaugurons aujourd’hui une nouvelle catégorie, « Analyses & Débats ». Il s’agit d’une arène sur laquelle les intervenants du blog présenteront des analyses, des opinions, afin d’ouvrir des débats, tant par les commentaires que par la possibilité de répondre par article à l’auteur. N’oubliez pas que chaque intervenant ne fait qu’exprimer son opinion personnelle, et qu’il n’écrit donc pas pour l’ensemble de l’équipe du blog.

Les risques du catastrophisme climatique (1)

Par Axel Lebrun

Le sommet de l’ONU sur le changement climatique s’est ouvert lundi 7 décembre à Copenhague. Le débat est important, les objectifs ambitieux : trouver un accord mondial concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, un accord juridiquement contraignant, visant des « résultats tangibles concernant l’adaptation, la technologie et le financement », selon la ministre danoise Connie Hedegaard. Alors que les scientifiques sont de plus en plus alarmistes, les populations de plus en plus averties, les États participant au sommet doivent limiter l’augmentation des températures au 21ème siècle à 2 degrés Celsius. Oui mais… Serait-il possible qu’on en fasse un peu trop ? Si la question du réchauffement climatique se pose effectivement, le catastrophisme sur le sujet est quelque peu déplacé.

Par exemple, un film projeté pour lancer la conférence, met assez mal à l’aise. Une jeune fille joue dehors, quand soudain la pluie commence à tomber. Rentrée chez elle, elle regarde la télévision, sur laquelle passent en boucle des informations sur les dangers du réchauffement climatique. Puis son père l’emmène se coucher. Elle s’endort, et se retrouve dans un film catastrophe onirique, où d’abord elle perd son ours en peluche dans un tremblement de terre, puis assiste  médusée à la destruction causée par une tornade gigantesque, avant de s’accrocher à un arbre pour résister au tsunami puis au cyclone qui ravagent tout sur leur passage. Elle se réveille effrayée. Finalement, afin d’exorciser ses peurs, elle se filme disant ces simples mots : « Please help the world !» (« Aidez le monde  s’il vous plait !»). Jouer ainsi sur la peur du cataclysme ne semble pas sain. Les populations sont « amorphes et manipulées » par les médias jouant le rôle d’une seringue hypodermique.  Tout cela afin de soutenir massivement l’effort international, pourtant loin d’être suffisant ni même approprié.

Si l’on s’accorde effectivement sur la réalité du réchauffement climatique, céder à la panique et adopter des mesures très onéreuses pour un résultat insuffisant semble être le principal danger pour les générations à venir. Le sujet est polémique, il ne s’agit pas de verser dans le scepticisme violent ou le dénigrement complet, non, mais il semble qu’à trop se focaliser sur les politiques de réduction d’émission de gaz à effet de serre, on en oublie que des mesures d’un autre ordre, au coût infiniment moindre, pourraient permettre :

  • De nous rapprocher d’un monde sans émission de CO2 grâce à un financement massif sur la recherche et le développement dans le domaine de l’énergie verte
  • De lutter contre le réchauffement climatique et ses effets en prenant des mesures rationnelles qui répondent directement aux problèmes, et en organisant par avance les flux de migrations qui risquent d’être engendrés
  • De répondre de façon adéquate aux tragédies du présent, sida, faim, malnutrition, accès à l’eau potable,…

En effet, le passage à d’autres formes d’énergie que les hydrocarbures est inévitable, alors pourquoi gaspiller tant de ressources à en réduire l’utilisation ? Cela semble cynique, mais peut-être pourrait-on en profiter tant qu’il y en a, tout en focalisant l’attention de la communauté internationale sur les points mentionnés plus haut. De toute façon, selon une étude récente, même si l’homme n’émettait plus de CO2, la concentration « de gaz dans l’atmosphère ne commencerait à baisser qu’après plusieurs siècles, » et le réchauffement ne pourrait être stoppé complètement (Lund, 12.2009).

Bref, plutôt que de céder aux sirènes du catastrophisme, qui risquent de nous mettre sur la mauvaise voie pour les cinquante prochaines années, prenons le temps de penser à des solutions alternatives, sans doute bien plus efficaces au final. La réduction des émissions de gaz à effet de serre n’est pas la solution, il faut que Copenhague remette cela en question, ou alors on peut craindre qu’une fois encore, nous aurons échoué à répondre aux challenges environnementaux.

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Commentaires»

1. Marine - 11/12/2009

peut-être que la réduction des émissions de gaz à effets de serre n’est pas la meilleure solution… mais un accord international illustrerait enfin la capacité de tous les pays du monde à s’entendre et à s’accorder sur une question essentielle, non?
et il est clair qu’il faut donner à la recherche des moyens qu’elle n’a pas, mais en attendant, le temps passe et la situation empire de jour en jour! il faut donc allier vision de long terme ET de court terme, à mon avis…

2. Axel - 13/12/2009

S’accorder pour se tromper ? L’essentiel serait donc l’unanimité dans l’erreur ? je ne suis pas du même avis : je pense que l’essentiel est de faire face au réchauffement climatique de façon rationnelle, sans céder à la précipitation. Et ne soyons pas naïf, si accord il y a, ce sera un accord au rabais. En effet, les pays en développement veulent avoir le droit de se développer, et les pays développés veulent pouvoir se protéger de la concurrences de ces derniers, donc tout accord et un accord minimum, qui risque d’être plus onéreux que Kyoto, pour des résultats au mieux aussi peu glorieux…

Le long terme passe par le R&D. Le court terme passe par des décisions courageuses prenant en compte que le monde change, et que la fin des hydrocarbures est révolutionnaire. Les gaz à effet de serre vont naturellement se réduire, pourquoi presser le pas, dépenser des sommes faramineuses dans des programmes de réduction qui ne marchent quasiment pas ? La vision court termiste, le « feeling good », c’est cette grande mascarade de Copenhague. C’est de l’espoir sous emballage, jolie à voir, très cher, mais très décevant une fois déballé. Ça donne bonne conscience aux politiques, caresse dans le sens du poil le peuple qui cède à la paranoïa sur le sujet, mais ça ne change rien ou presque. La vision long termiste, le « doing good », voudrait plutôt que les ressources et la volontés des pays et des peuples sur focalisent sur l’après-pétrole, à 100% ! Le « doing good », c’est faire en sorte que de vrais problèmes soient réglés, le « doing good », c’est apporter des solutions alternatives aux propositions folles de Kyoto ou Copenhague afin de lutter contre le réchauffement.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre, c’est l’homme qui regarde ses pieds, sans regarder devant lui. cet homme là risque de tomber, et nous avec. A mon avis…


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